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Les fougères et plantes alliées

 

Cette page traite des fougères et plantes alliées rencontrées en France. D'autres espèces mondiales sont parfois évoquées, photos à l'appui. En aucun cas les informations ne sont exhaustives : le monde des fougères est passionnant mais ô combien difficile ! Alors pour les quelques clichés qui n'ont pas trouvé légende à leur pied (à leur rhizome?), si certains lecteurs ont une idée... merci d'avance !

Nous ne rentrerons pas ici dans tous les détails concernant la reproduction des fougères. De nombreux ouvrages le font très bien. Il faut recommander la "Bible" sur les fougères, les fougères et plantes alliées de France et d'Europe occidentale de Rémy Prelli.

Les fougères sont fascinantes car elles sont les premières plantes à avoir quitté l'eau il y a plus de 400 millions d'années pour partir à la conquête de la terre ferme : il a fallu beaucoup d'adaptations et l'étude des fougères permet de retracer l'évolution des paysages et du passage fougères/plantes à fleurs. Pendant des millions d'années, les fougères dominent donc le paysage végétal, sans pour autant s'affranchir du milieu aquatique : une fougère, pour se développer, a en effet un besoin vital d'eau. La fécondation se fait dans l'eau (une goutte de pluie sur le prothalle suffit à la déclencher).

Ci-dessus, une représentation d'un paysage typique du Carbonifère, il y a 300 millions d'années : les fougères et plantes alliées dominent ! Les fougères arborescentes atteignent plusieurs mètres de haut ! Il en va de même pour les prêles.

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Plan d'une fougère de type Polypode

 

 

Voici ci-contre et ci-dessous trois grossissements différents du dessous d'un limbe de Phyllitis scolopendrium, le Scolopendre officinale.

Il faut bien assimiler le vocabulaire suivant : limbe >>> (contient) sores >>> sporanges >>>> spores

ci-contre : limbe X2

ci-dessous à gauche : photo prise à la loupe binoculaire X20

ci-dessous à droite : photo prise au microscope X40

 

Cliquez sur les minatures ci-dessous pour accéder aux grandes photos (seules les espèces françaises font l'objet d'images agrandies).

Bizarre Bizarre... Bienvenue dans les excentricités du monde des fougères...
Lycopodiacées

 

 

 

Les jeunes frondes de fougères prêtes à se développer présentent un enroulement très caractéristique en forme de crosse. Ici une fougère indonésienne.

 

 

Selaginella willdenowi est une sélaginelle d’Asie du sud-est, connue pour son iridescence bleue, que les botanistes ont bien du mal à s’expliquer ! Cette couleur bleue a une origine physique et non chimique, ce qui se traduit par l’apparition ou la disparition de la couleur suivant l’angle de vue. C’est un phénomène rare. Une des hypothèses : un effet « épouvantail » qui ferait fuir d’éventuels prédateurs. Affaire à suivre…

 

Une petite fougère pousse sur la grande !! Faut pas pousser quand même ! Il s'agit d'un bel exemple de multiplication végétative par bulbille : l’extrémité de la fronde de cette fougère émet une bulbille qui s’enracinera après avoir formé plusieurs feuilles et fait ployer la fronde mère sous son poids.

 

 

Des fougères en forme d'arbre ! Et oui ça existe ! Les fougères arborescentes du genre Cyathea sont de véritables témoins des temps préhistoriques, peuvant atteindre ici jusqu’à 15 mètres de haut...

 

 

Des fougères dans des arbres !!

Asplenium nidus est une fougère que l’on rencontre sur les troncs et les branches, le plus souvent à quelques mètres au-dessus du sol. Sa forme en entonnoir permet l’accumulation d’humus, créant ainsi un véritable jardin suspendu où d’autres plantes viendront s’installer, ainsi que des insectes et autres arthropodes. Un biotope à part. Le centre de la fougère devient une sorte de grande éponge avec des débris organiques accumulés. On appelle une telle plante une plante épiphyte.

 

 

 

Ca n'a rien d'une fougère !!!

Et pourtant, cette sorte d'herbe est une plante alliée aux fougères, leur ressemblant beaucoup par plusieurs aspects. Son nom : Pilularia globulifera. Elle appartient à une famille d'espèces aquatiques. Comme les fougères, les pilulaires se développent à partir de spores contenues dans un sporocarpe situé à la base des feuilles. Feuilles qui n'ont pas la forme de feuilles mais sont filiformes, comme des brins d'herbe. Autre ressemblance avec les fougères : les individus juvéniles se présentent sous la forme d'une crosse...

 

 

Une fougère peut-elle exister loin de l'eau ???

Et bien non, les fougères ne sont pas adaptées à la sécheresse. En fait, elles ont besoin de l'eau pour leur reproduction sexuée : il suffit d'une goutte de rosée pour que les cellules mâles munies d'un flagelle nagent vers la cellule reproductrice femelle: sans eau, pas de salut...

   
Selaginellacées

Selaginella denticulata

FRANCE

 

Selaginella opaca

INDONESIE

Selaginella sp.

INDONESIE

 

Selaginella sp.

INDONESIE

 

Selaginella willdenowi

INDONESIE

Isoétacées

 

 

Isoetes histrix

FRANCE

Isoetes velata

FRANCE

Equisitacées

Equisetum arvense

FRANCE

 

Equisetum palustre

FRANCE

Ptéridacées
 

Cheilanthes sp.

FRANCE

Anogramma leptophylla

FRANCE

   

Adiantum capillus-veneris

FRANCE

   
Polypodiacées
   
     
Dennstaedtiacées
 
 

Pteridium aquilinum

FRANCE

 
Aspléniacées
 

Asplenium trichomanes

FRANCE

Asplenium adiantum-nigrum

FRANCE

Asplenium onopteris

FRANCE

Asplenium nidus

INDONESIE

Ceterach officinarum

FRANCE

Woodsiacées

Phyllitis scolopendrium

FRANCE

 

Dryoptéridacées
 
 

Polystichum setiferum

FRANCE

 
Blechnacées
 
 

Woodwardia radicans

FRANCE

 
Marsiléacées
 

Pilularia globulifera

FRANCE

Pilularia minuta

FRANCE

Salviniacées
 
 

Salvinia natans

INDONESIE

 
     

 

Lycopodiella inundata
Les espèces de cette famille sont liées aux landes tourbeuses à Ericacées et sont surtout présentes dans les zones nordiques et montagnardes. Le Lycopode inondé est constitué de deux parties bien distinctes : des tiges végétatives couchées au sol et un rameau dressé. Il aime les sols acides et peut vivre partiellement immergé. Pris en Sarthe.

Selaginella denticulata

Les sélaginelles sont des plantes datant de l’ère primaire et qui, comme les fougères, sont porteuses de spores. Elles sont représentées par 700 espèces dans le monde, majoritairement tropicales et terricoles. La Sélaginelle denticulée est peu fréquente en France mais très commune en Corse où elle forme des tapis étendus à même le sol ou sur les rochers humides.
Isoetes histrix
Espèce appartenant à un ordre très spécialisé de plantes vivant en milieu aquatique. Leur identification est difficile puisque le port général et les feuilles ne sont pas d'une grande utilité. Il faut alors récupérer un mégaspore et analyser au microscope sa forme (photo de droite). Celui-ci est sans équivoque : il s'agit bien de l'Isoète épineux (gauche) vivant sur les pelouses rases et très humides. Tre Padule de Suartone, Corse du Sud.
Isoetes velata
L'Isoète à voile ressemble à tous les autres isoètes. Il faut là encore jouer du microscope pour analyser la forme des mégaspores. Ce spécimen a été photographié dans les environs des mares temporaires des Tre Padule en Corse du Sud.
Equisetum arvense
Les prêles sont des plantes très anciennes, ayant proliféré au Carbonifère. Les tiges aériennes, cannelées en surface, sont surmontées d'un épi sporifère. Ci-dessus, la prêle des champs est une espère cosmopolite, qui peut devenir très envahissante sur les talus le long des routes.
Equisetum palustre
La prêle des marais, ici photographiée dans la Sarthe, est une plante des lieux humides, tels que fossés ou bordures d'étangs.
Cheilanthes sp.
Les espèces du genre Cheilanthes vivent dans des milieux secs : en été, les feuilles se replient sur elles-mêmes, mais peuvent se redéployer en cas de pluie. Ces fougères sont aisément identifiables par leur limbe dont le bord est découpé en petits lobes arrondis et repliés.
Anogramma leptophylla
L'Anogramma à feuilles minces est caractérisé par des feuilles finement découpées à l'aspect fragile. Photographié en Corse.
Adiantum capillus-veneris
C'est un genre essentiellement tropical. Le Capillaire de Montpellier est constitué de feuilles pendantes très caractéristiques. Elle se rencontre sur les falaises, près des suitements.
Pteridium aquilinum
La fougère aigle est certainement la plus répandue dans nos régions. Comopolite, très coriace, pouvant atteindre deux mètres de hauteur, elle s'adapte partout et peut constituer un véritable fléau.
Asplenium trichomanes
Le capillaire des murailles se rencontre très fréquemment dans les fissures de rochers ou de murs, dans des lieux secs et ensoleillés. Le rachis est brun luisant.
Asplenium adiantum-nigrum
La Doradille noire est une espèce tolérante largement répandue.
Asplenium onopteris
Très similaire au précédent, cet asplenium se rencontre sur les bords de ruisseaux de basse altitude. Son nom vernaculaire : la Doradille des ânes.
Ceterach officinarum
Le Cétérach officinal, très répandu, est une espèce vivace qui peut résister à de longues périodes sans eau, attendant en vie ralentie en enroulant ses feuilles. Lorsque la pluie revient, elle s'épanouit à nouveau. La face inférieure du limbe est recouverte d'écailles rousses.
Phyllitis scolopendrium
Le Scolopendre officinale était autrefois utilisé pour soigner le foie. Cette fougère recherche des lieux saturés d'humidité.
Athyrium filix-femina
La Fougère femelle préfère les vallons ombragés.
Polystichum setiferum
Le Polystic à soie est une fougère des ravins ombragés. Elle tire son nom des poils présents le long du rachis. A droite, un milieu typique à Polystic en Haute-Corse.
Woodwardia radicans
La Woodwardia est une plante unique dans notre flore : elles ne se trouve que dans un torrent du Cap Corse, qui est son extrême limite nord de répartition. Grande fougère tropicale aimant les lieux humides, elle a la capacité de former des bulbilles en touchant le sol qui repartiront, formant de nouveaux individus (voir plus haut pour explications dans la rubrique "Bizarre bizarre...). Les sores allongées sont également caractéristiques.
Pilularia globulifera
La pilulaire à globules possède des feuilles filiformes sans limbe. Voir plus haut pour les explications, dans la rubrique "Bizarre bizarre". Photographiés en Sarthe.
Pilularia minuta
La rare pilulaire menue, photographiée ici dans une des mares temporaires des Tre Padule de Suartone en Corse du Sud, se présente comme une tapis épars de plantes filiformes, entièrement inondées. C'est à la base que se trouvent les spores, souvent enfouis dans la vase. Plante rare et protégée.